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Blogue RSE sur la responsabilité sociale en entreprise

Voici une chronique abordant les multiples facettes de la responsabilité sociale en entreprise. À travers sa série de chroniques, Basta communication vise à sensibiliser, à conseiller, et à mieux informer sur l’importance de la RSE.Basta, votre référence en communication responsable.

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Les certifications, un gage de qualité?

Happy family standing near the lake at the day time.  Concept of friendly family.Les épiceries « naturelles » ou les allées « biologiques » dans les supermarchés sont fort utiles pour les consommateurs souvent lassés de devoir débusquer les produits responsables devant l’abondance des biens de consommation. La tâche des consommateurs n’est pas pour autant commode. Ceux-ci doivent rechercher, analyser, vérifier une foule d’indicateurs, tels que les logos, les labels, les pictogrammes, les certifications et leur provenance, afin de s’assurer de la valeur des argumentaires écologiques des entreprises. Les consommateurs doivent en quelque sorte s’improviser experts en la matière pour s’assurer de faire des choix responsables, sans quoi, les tactiques d’écoblanchiment (greenwashing) leurs passent sous leur nez.

Les pratiques de consommation responsables sont depuis plusieurs années tendance auprès des citoyens-consommateurs. Avertis, informés et conscientisés, les consommateurs souhaitent consommer des produits et services qui respectent les principes du développement durable. Or la pratique de l’écobanchiment a rendu les citoyens méfiants des arguments écologiques de certaines entreprises.

Afin de diminuer le scepticisme des consommateurs et d’encourager une sincère responsabilité sociale des entreprises (RSE), certaines solutions ont été envisagées par des environnementalistes, dont celles des certifications.

Qu’est-ce qu’une certification?

Selon le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV), « la certification est une procédure administrative selon laquelle des organismes de certification accrédités donnent une garantie écrite que des aliments ou des systèmes de contrôle des aliments sont conformes aux exigences requises par la Loi. »

Ce conseil, mis sur pied en 2006 par le gouvernement du Québec, travaille au nom du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Le mandat du CARTV est de « protéger l’authenticité de produits et des désignations qui les mettent en valeur au moyen d’une certification acquise en regard de leur origine ou de leurs caractéristiques particulières liées à une méthode de production ou à une spécificité. » Le conseil a également comme responsabilités d’accréditer des organismes de certification et de « surveiller l’utilisation des appellations réservées reconnues ».

À titre d’exemple, l’organisme à but non lucratif, Québec Vrai, est accrédité pour la certification biologique des produits par le biais du Conseil. À savoir qu’au Québec, « seuls les organismes de certification accrédités par le CARTV peuvent émettre des licences permettant l’usage d’une appellation réservée pour des produits certifiés du Québec, qu’ils soient destinés au marché domestique, canadien ou à celui des États-Unis. » Ainsi, une entreprise québécoise qui souhaite détenir la certification biologique doit contacter un organisme certificateur et remplir les différentes conditions de la Norme biologique du Canada.

Plusieurs types de certifications sont octroyées, telles que des certifications de produits, de services, de système ou d’entreprise et de personnes. À l’échelle provinciale, c’est la Commission des normes canadiennes (CNC), accréditée par l’organisme International Accreditation Forum (IAF), qui mandate le bureau de normalisation du Québec (BNQ) pour accréditer des organismes certificateurs. Plusieurs secteurs d’activités au Québec peuvent bénéficier de programmes de certification, notamment celui de l’agroalimentaire, la construction et la foresterie. Quant aux programmes de certification environnementale, différentes normes permettent de certifier par exemple les plastiques compostables, les produits à contenu recyclé et les systèmes de management environnemental.

     

«L’obtention de certifications distingue les entreprises de la concurrence, puisque celles-ci doivent continuellement innover pour répondre aux nouvelles exigences des normes environnementales.»

     

Les programmes de certification au Québec se fondent à partir de normes québécoises, canadiennes ou internationales. La société d’État fédérale, le Conseil canadien des normes (CCN), a pour mission « d’encourager au Canada une normalisation efficiente et efficace. » Ce conseil travaille en partenariat avec le BNQ. Elle « dirige et facilite l’élaboration et l’utilisation des normes nationales et internationales et des services d’accréditation ».

À l’échelle mondiale, l’organisation internationale de normalisation (ISO) a pour rôle d’établir et de publier des normes internationales. Par exemple, la norme ISO 14 001 a pour objectif de renforcer mutuellement les succès économiques et environnementaux des entreprises. La norme ISO 26 000 pour sa part donne « des lignes directrices aux entreprises et aux organisations pour opérer de manière socialement responsable. Cela signifie agir de manière éthique et transparente de façon à contribuer à la bonne santé et au bien-être de la société. »

D’autres certifications ne sont pas contrôlées par des organismes gouvernementaux, dont la certification du commerce équitable. Le terme « équitable » n’est pas une appellation contrôlée, contrairement à celle « biologique ». L’organisme Équiterre encourage ainsi les consommateurs à être vigilants lorsqu’il y a la mention « équitable » sur une étiquette puisque ce n’est pas « nécessairement un gage de pratiques éthiques ».

L’organisme en question a d’ailleurs rédigé le guide L’éthique derrière l’étiquette afin d’orienter les consommateurs à faire des choix d’achat équitables. On indique ainsi que la World Fair Trade Organization est « une pionnière en commerce équitable et assume encore aujourd’hui le leadership mondial en commerce équitable. » Elle est pour le moment la seule organisation qui garantit la production de produits équitables. Dans le guide, on encourage les consommateurs à être prudents lorsque les logos sont créés par des entreprises privées. Selon l’enquête nord-américaine réalisée en 2009 par Terra Choice , sur les 2 219 produits à prétention écologique, 23 % d’entre eux « arboraient des logos autoproclamés non fondés. » Il est ainsi de mise de vérifier l’indépendance des organismes certificateurs. Les consommateurs doivent analyser certains critères auprès des organismes certificateurs, dont leur transparence, leurs moyens de contrôle, leur reconnaissance dans le milieu et s’assurer que les critères de certifications soient actualisés.

Un nombre impressionnant de certifications environnementales voit le jour depuis quelques années. La certification B Corporation a été créée en 2006 aux États-Unis. Cette certification a pour mission de répondre aux défis environnementaux et sociaux actuels. Ainsi, pour qu’une entreprise détienne cette certification, elle doit démontrer ses efforts en matière environnementale et sociale ainsi que son implication dans sa communauté. Sur la page internet Lime, une plateforme d’affaires, on explique que de « nombreux facteurs sont évalués tels que l’impact de l’entreprise sur l’environnement, le bien-être des salariés, l’engagement communautaire ou encore les pratiques de gouvernance. L’entreprise doit donc s’engager dans une perspective de “triple résultat” ou elle tient compte à la fois de l’économie, de la société et de l’environnement pour prendre ses décisions. » Au Canada, on retrouve plus de 150 entreprises certifiées B Corp, ce qui en fait la deuxième communauté la plus importante dans le monde.

Les avantages inhérents aux certifications environnementales

Les entreprises ont avantage à miser sur les certifications environnementales pour faire valoir leur responsabilité sociale . Les certifications environnementales sont, pour le moment, la principale source d’information pour les citoyens-consommateurs. En effet, les certifications environnementales permettent de rétablir la confiance des consommateurs devenus méfiants à l’égard des affirmations écologiques des entreprises. Elles ajoutent une valeur ajoutée aux produits et services et offrent un gage de qualité et de transparence qui aident l’acte d’achat responsable des citoyens.

Les certifications environnementales favorisent également une communication honnête et transparente de la part des entreprises, ce qui rehausse la crédibilité des entreprises et qui du même coup embellit l’image de marque de ces dernières. Cette communication a également des conséquences bénéfiques à l’interne, soit celle de la mobilisation de l’ensemble du personnel à un projet commun.

L’obtention de certifications distingue les entreprises de la concurrence, puisque celles-ci doivent continuellement innover pour répondre aux nouvelles exigences des normes environnementales. Les certifications témoignent des réels efforts consentis par les entreprises pour offrir des produits et services qui respectent les normes environnementales établies. Outre ces avantages relatifs aux certifications environnementales, ces dernières permettent de conscientiser les entreprises à la RSE. Avides de visibilité et de notoriété, les entreprises se joignent au mouvement social afin de répondre à la demande de ses clients. Ainsi, plus les citoyens-consommateurs favoriseront les produits arborés de certifications environnementales officielles, plus les entreprises feront des pieds et des mains pour respecter les normes écologiques en vigueur.

Les limites des certifications environnementales      

certificatLes certifications environnementales répondent certainement à un besoin des consommateurs, soit celui de la transparence des arguments responsables des entreprises. Malgré ce moyen de communication utile et efficace, l’outil comprend certaines limites importantes. Parmi ces limitations ont retrouvent celle du manque de publicités des certifications officielles. Malgré un intérêt prononcé pour consommer de façon responsable, il s’avère épineux de déceler la juste valeur de certaines certifications. Il est nécessaire d’informer davantage les consommateurs sur les certifications officielles afin qu’ils puissent les distinguer de celles qui sont non officielles.

Afin d’améliorer la transparence des processus décisionnels des certifications, Karine Nault soutient dans son essai : Les limites et les bénéfices des certifications biologiques et équitables; le cas de la culture de thé, que « les certifications pourraient publier un document qui explique clairement leur démarche pour établir et rédiger les critères et comment les responsables en arrivent à un consensus. Il serait pertinent de présenter les membres de l’équipe de définition des critères, en mentionnant leur milieu professionnel, leur expérience et leurs origines. » 

En effet, les consommateurs sont rarement renseignés sur les critères auxquels sont assujetties les entreprises qui bénéficient d’une certification et également sur la provenance de ces critères. L’outil EcoLabel Index est néanmoins disponible en ligne pour renseigner les consommateurs sur les différentes certifications environnementales utilisées à l’échelle internationale. Les différents outils d’information gagneraient à être davantage connus des consommateurs.

Les gouvernements sont de plus en plus impliqués dans les différentes actions environnementales. Or, certains auteurs témoignent du manque d’encadrement étatique en ce qui a trait aux certifications. Dans l’article : Les systèmes de gestion environnementale au Canada : enjeux et implications pour les politiques publiques de l’environnement, Paule Halley, professeure à la Faculté de droit de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit de l’environnement et Olivier Boiral, professeur au Département de management de la Faculté des sciences de l’administration l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les normes internationales de gestion et les affaires environnementales, expliquent que « si les autorités publiques cherchent à valoriser les conduites responsables des organisations en matière d’environnement et à mieux répartir les coûts, elles gagneront à encadrer leurs pratiques afin de n’accorder de privilèges à des organisations qu’en échange d’objectifs environnementaux ambitieux et de modalités de suivi et de surveillance crédibles et efficaces. » Selon les experts, si les systèmes de gestion environnementale (SGE) semblent rigoureux, « ils demeurent comparables à une “coquille vide” : ils offrent une structure logique pour atteindre des objectifs, mais ne proposent généralement aucun “contenu”, critères ou cibles environnementaux particuliers. Aussi, les mesures volontaires ne se substituent ni ne s’opposent aux interventions réglementaires des gouvernements : elles coexistent et interagissent avec elles. » Les auteurs donnent à titre d’exemple la certification ISO 14001 : « les organisations sont portées à adopter des pratiques identiques et normalisées surtout pour répondre aux pressions externes et démontrer leur responsabilité sociale. Ainsi, en adoptant la norme ISO 14001, qui repose sur un système de gestion très formalisé, les organisations tendent à montrer que les enjeux environnementaux sont effectivement pris en compte de façon rigoureuse et systématique, et ce, à partir d’un standard reconnu internationalement. […] La certification ISO 14001 permet d’améliorer la communication externe en donnant au public et aux autres parties prenantes des informations sur l’engagement environnemental de l’organisation, mais sans pour autant garantir les effets de cet engagement. »

Louis-Philippe Lampron, doctorant en droit, soutient pour sa part l’importance d’« un resserrement juridique des règles relatives au contrôle de la véracité des déclarations écologiques » pour contrer le phénomène de l’écoblanchiment. Dans l’article, L’encadrement juridique de la publicité écologique fausse ou trompeuse au Canada : une nécessité pour la réalisation du potentiel de la consommation écologique?, l’auteur indique que pour le moment, « les dispositions générales prohibant la publicité fausse ou trompeuse de la Loi sur la concurrence fédérale et de la Loi sur la protection du consommateur québécoise [ne sont pas suffisantes] pour traiter de la problématique particulière d’un litige impliquant une déclaration écologique d’apparence fausse ou trompeuse. »

Toujours selon M. Lampron, il s’avère essentiel d’instaurer des mesures contraignantes pour ainsi mieux régir les contenus qui comportent un argumentaire environnementaliste.

La vigilance des consommateurs reste de mise

Malgré les différentes alternatives pour informer les citoyens-consommateurs sur les biens et services responsables, ceux-ci doivent rester avertis et prudents quant aux prétentions écologiques des entreprises. Ces derniers ne pourront en aucun cas tenir pour acquis les certifications ou tous les autres indicateurs, tels que les reconnaissances et les accréditations. C’est entre autres la méfiance des citoyens-consommateurs et leur recherche constante de la qualité écologique des produits qui permettent l’engagement sincère des entreprises. L’écoblanchiment témoigne fort bien des moyens fallacieux que peuvent employer des entreprises pour attirer l’attention des consommateurs. Même avec une législation plus étroite par rapport à cette pratique, le phénomène persistera, d’où l’importance de l’implication sociale des consommateurs ainsi que leur vigilance pour inciter l’engagement social et environnemental des entreprises. Plus les citoyens seront soucieux de la qualité intrinsèque des certifications, plus les entreprises agiront de manière consciencieuse.

                  

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